L'e-journal de l'info en Baie de Somme et Picardie Maritime
Nombreux étaient les personnes venues à la bibliothèque Paul Eluard, pour participer à la première soirée et au vernissage de l’exposition de Gilbert Richard, puisqu'elle a été réalisée à partir des souvenirs et documents légués par son père, Désiré Richard, qui fut « poilu» pendant la première guerre de 14/18.
Avant de passer à l’histoire héroïque de son père et à la projection d’un film sur la guerre, Gilbert Richard a tenu à remercier toutes les personnes présentes sans qui l’exposition n’aurait pu voir le jour. « Merci à Odile Caillet qui nous accueille dans sa bibliothèque, à Jacques Dhellier bibliothécaire à Montesson qui a collecté et organisé les souvenirs rapportés par mon père, merci aussi à l'association « J'écris ton nom» à l'ONAC D'Amiens représentée par M. Odelot pour le prêt des panneaux, merci aussi à Monsieur Jean-Claude Boucher d'Auxi- le- Château pour le prêt et la projection d'un film sur la guerre 14/18, et merci aux élus de leur présence, dont M. Jean Yves Cauchoix, maire d'Ault, M. Emmanuel Maquet conseiller de canton et M. Le Député Jérôme Bignon ».
Le chemin des dames
On a souvent demandé à Gilbert Richard, pourquoi il n'avais pas prévu cette exposition au mois de novembre à l'occasion de la célébration de l'Armistice.
« En fait, ce dont mon père m'a le plus souvent parlé, c'est du chemin des dames dont on célèbre cette année le 90ème anniversaire. Il m'a semblé très important de contribuer à marquer avec un éclat particulier cette commémoration de la bataille du Chemin des dames où le poilu Désiré Richard a combattu » a souligné Gilbert Richard.
Savez vous d'où vient l'appellation chemin des dames ? Les dames dont il est question ici, sont Victoire et Adélaïde, filles de Louis XV, dites les Dames de France restées célibataires, auxquelles leur père donna comme résidence secondaire le château de Louvois en Champagne. Pour améliorer leurs déplacements dans la région, un intendant de louis XV fit construire une chaussée, surplombant les vallées de l'Aine et de l'Ailette, qui fut nommée « Chemin des Dames ». Ce nom est resté à cette voie de communication qui se rendit tristement célèbre pendant la première guerre mondiale.
Mais qui était Désiré Richard ?
Il est né à Bourseville en septembre 1891. Son père Léon Richard était journalier au château de Bourseville et sa mère, Maria Dentin travaillait chez des particuliers. Après avoir réussi son certificat d'études, Désiré a appris le métier de charcutier. Il a perdu son père (Léon) à l'âge de 15 ans. Il a commencé son service militaire en 1911 au 72ème régiment d'infanterie à Amiens. Il avait alors 20 ans. 45 jours avant sa libération il a appris qu'il était à nouveau mobilisé. C'était le début de la guerre de 14-18. Il a été démobilisé en août 1919 où il avait 28 ans !
Entre temps son régiment a combattu sur la frontière belge, dans la marne, en Argonne, à Verdun.
Il a été blessé pour la première fois à l'épaule le 8 novembre 1914 dans les tranchées du secteur de la demi-Lune. Il a été à nouveau blessé le 21 décembre 1915 et transporté dans le coma à 1'hôpital de Bar-Le-Duc. Après chaque blessure, il a été soigné, envoyé en convalescence au dépôt de Morlaix ou en stage de formation (stage de mitrailleur aux Sables d'Olonne), puis il réintégrait son régiment pour de nouveaux combats. Il a subi sa dernière blessure à la main gauche le 23 août 1917. Soigné à l'hôpital de Chambéry, il y a été décoré de la médaille militaire, de la croix de guerre et de la médaille de Verdun. Il est ensuite retourné combattre dans la forêt de Coucy-Ie- Château, où il se trouvait lors de l'annonce de l'armistice du 11 novembre 1918. L'Allemagne avait capitulé et l'Alsace-Lorraine était restituée à la France.
L'armistice a mis fin à 1561 jours de guerre, une guerre au bilan humain et matériel très lourd. Le premier conflit mondial est resté à jamais gravé dans les mémoires. La guerre de 14-18 est devenue à jamais « la Grande Guerre».
Un hommage aux soldats
Avant de passer à la projection du film, Gilbert Richard à tenu à préciser que 41 soldats Morts pour la France entre 1914 et 1918, ont leur nom gravé sur le monument aux morts de la commune de Bourseville. Ils représentaient 15% des quelques 700 habitants qui vivaient alors dans la commune, mais 50% de la jeunesse ! Les soldats décédés des suites de leurs blessures après leur retour au foyer, ne sont pas inscrits sur ce monument.
Heureusement, une grande plaque, financée par la commune et ses habitants, à l'instigation d'un comité d'anciens combattants, porte les noms de tous les soldats de la commune morts pour la France, soit en combattant, soit à la suite de leurs blessures de guerre. Cette plaque a été inaugurée en 1922, en même temps que le monument aux morts et se trouve toujours dans l'école.
Pour conclure l’exposé, Gilbert Richard passa la parole au député Jérôme Bignon et au conseiller général du Canton.
« C’est une forme d’héroïsme modeste. M. richard à une simplicité dans un comportement citoyen, de nous faire revivre ces moments de l’histoire », a précisé Jérôme Bignon.
« Nous ferons partager ce témoignage aux jeunes générations du collège de Mers-les-Bains » a indiqué Emmanuel Maquet.
L’exposition est à découvrir tous les jours de 15h à 18 heures, sauf le dimanche et jours fériés.
L. Fromentin