L'e-journal de l'info en Baie de Somme et Picardie Maritime
Du 17 au 19 janvier, la Compagnie Issue de Secours jouera sa nouvelle création théâtrale à l'Espace Culturel Saint-André, intitulé « Sans ailes », de Marion Bonneau, mis en scène par Charles Lee, avec Hélène Cauët (France) et Mélodie Abad (Safia).
L'HISTOIRE
Deux vies qui se croisent, une rencontre comme un accident, qui met en présence deux femmes qui ont toutes deux dans leur parcours pris une décision irréversible : Safia vient d’avorter dans la clandestinité, France a abandonné sa fille…
NOTES DE L’AUTEUR
Ce texte vient de la colère que j’ai, à constater que les femmes en sont bien trop souvent à devoir se justifier ou se battre pour leur droit à la vie. Celles qui constituent plus de la moitié de l’humanité sont fréquemment en danger parce que femmes : danger d’être tuées physiquement ou psychiquement, anéanties de mille façons, ici ou ailleurs. J’ai eu envie de parler de ça, de cette problématique à être que l’on retrouve dans toutes les cultures, à tous les âges de la vie.
Charles Lee m’avait demandé d’écrire une pièce entre deux femmes sans abris.
J’ai choisi qu’il n’y en ait qu’une, France. Elle fouille dans les poubelles et surprend Safia en train de jeter les restes de son avortement clandestin.
Cette rencontre pour les deux femmes est vécue d’abord comme un accident de parcours : Safia s’évanouit devant la poubelle, France est là par hasard, elle la recouvre de son manteau. Cette rencontre bouleverse ces deux vies, transforme ces deux femmes, met en lumière la capacité qu’elles ont à résister, à trouver les moyens d’avancer coûte que coûte… à exister.
NOTES DU METTEUR EN SCENE
En 1999, à Chishnau, République de la Moldavie, j’ai croisé une femme que j’ai voulu rencontrer. Elle avait une quarantaine d’années, mais son visage, sale, ridé, la faisait paraître plus vieille encore. Sans doute était-elle plus jeune. Elle ne mendiait pas, ne demandait rien à personne, mais j’ai eu l’impression qu’elle était en attente de quelque chose. A manger ? Un peu d’argent ? Des mots ? Peut-être un geste d’amitié, de tendresse ?
Elle était là - probablement n’était-elle pas la seule - parce que la Moldavie venait de quitter un régime politique qui, malgré ses débordements, crimes, injustices, avait été un système de solidarité, pour entrer dans un régime libre mais libéral. Elle était là parce qu’elle n’avait pu s’adapter à cette transformation. Elle n’avait rien. Alors elle était exclue.
J’aurais voulu raconter son histoire, mais n’étant pas auteur, il m’a fallu attendre huit ans et quelqu’un qui pourrait le faire à ma place, et surtout écrire la vraie histoire de cette femme…
FRANCE ET SAFIA, LES PERSONNAGES DE LA PIECE
Pour le premier personnage, France, Marion Bonneau avait déjà sa petite idée : “Depuis longtemps, je souhaitais offrir un rôle à Hélène Cauët. J’ai donc écrit le personnage de France pour elle, en mettant en avant sa force et sa fragilité".
Pour l’autre personnage Safia, la compagnie a dû passer par l’épreuve de l’audition pour dénicher l’oiseau rare. Et c’est Mélodie Abad venue tout droit de Paris qui a décroché le rôle.
COMMENT LES COMEDIENNES ONT-ELLES PREPARE LEUR ROLE ?
Hélène Cauët (France) : “Marion a écrit le rôle de France en pensant à moi. J’en suis profondément touchée. Aujourd’hui je vais devoir défendre ce personnage du mieux que je peux. Je ne suis pas allée passer une semaine dans la rue pour voir ce que ça fait mais je me suis beaucoup documentée, j’ai regardé des reportages sur les sans abris… J’ai lu et relu la pièce, le reste viendra naturellement…”.
Mélodie Abad (Safia) :
“Chaque rôle se prépare différemment. Pour Safia, j’y pense tout le temps, je me rattache beaucoup au texte, j’en puise tous les éléments pour pouvoir la fabriquer, l’humaniser, la comprendre, la faire exister. Le texte est ma source principale de travail”.
Renseignement et réservation au 03 22 20 26 80.