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L'e-journal de l'info en Baie de Somme et Picardie Maritime

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Baie de Somme - Dépoldérisation expérimentale de la Ferme de la Caroline

L’étude et le projet de dépoldérisation de la Pointe du Hourdel, classé depuis le 24 juillet 2006 par décret ministériel, est de créer sur la zone de la Ferme de la Caroline un bassin de chasse suffisamment important pour créer une chasse d’eau lors de la basse mer et de refluer les sédiments en Baie. De plus un objectif est de maintenir des paysages maritimes et de reconstruction des paysages des bas-champs, intégrant la labellisation de la baie en tant que Grand Site de France.

Pendant plus de 1000 ans l’homme a conquis des terres sur la mer (vasières/près salés/marais) par endiguement. Ces terres ont généralement été drainées afin d’être exploitées pour l’agriculture, mais aussi pour mieux se protéger contre la mer. Les dépoldérisation des terres proviennent à partir de la fin du 20e siècle par contextes économique, social et physique.
Depuis les années 80, quarante dépoldérisations ont déjà été réalisées pour le Nord-Ouest de l’Europe, majoritairement au Royaume Uni. Les principales raisons de la dépoldérisation en Europe du Nord sont environnementales, touristiques, défensifs et législatifs. La taille des terres dépoldérisées se situe majoritairement entre 1 et 30ha, mais dépasse rarement 100ha (soit un total de 60 km² environ)

Enjeux de la dépoldérisation

La dépoldérisation a pour objectif de recréer un habitat intertidal qui permet notamment la création d’un habitat riche pour la faune et la flore et la protection contre les flots des terrains arrière littoraux.
Les intérêts et enjeux de la poldérisation sont culturels et paysagers. Le combat contre la mer est très ancré dans les mentalités du Nord, mais concerne moins la France. La dépoldérisation peut faire disparaître des éléments paysagers caractéristiques : digues, canaux, fermes. Mais la dépoldérisation, « coupure verte » peut aider à lutter contre la poursuite de l’urbanisation littorale. Des enjeux aussi économiques : Les terres dépoldérisées sont de faible valeur économique et sont déjà protégées. Les près salés augmentent les rendements obtenus en conchyliculture. La dépoldérisation coûte moins cher que l’entretien à long terme des digues (contexte de l’élévation du niveau marin), et elle favorise le développement local (tourisme de nature). Au niveau environnemental, la création de vasières et de près salés augmente la productivité et de la biodiversité littorale. Elle favorise le renouvellement de la population piscicole (frayère et nurseries) ainsi que le piégeage de polluants arrivant du bassin versant. Au niveau technique et hydraulique, elle contrôle l’hydraulique du plan d’eau avec la possibilité de chasse, contrôle du niveau d’eau et aussi protection contre la mer : zone viable et efficace.

Le projet de dépoldérisation

L’objectif des études entre le Conseil Général de la Somme et la SOGREAH, cabinet d’étude et de modélisation de la Baie de Somme) permettra d’actualiser la connaissance du secteur sud de la Baie de Somme, le site du Hourdel et en rappeler les mécanismes d’évolution. L’objectif initial étant de maintenir l’accès au port du Hourdel. Il s’agit donc d’une première phase de l’aménagement du bassin de chasse. Il permettra également de définir la faisabilité du projet et élargir la réflexion à l’échelle du site pour rendre le projet compatible avec le plan de gestion du site classé de la Pointe du Hourdel et du Cap Hornu. Le tout s’intégrant dans une démarche de gestion Intégrée des Zones Côtières, respect des principes de GIZC, et de cohérence avec les actions en cours comme l’Opération Grand Site de France. « Amender le projet de création d’un bassin de chasse au Hourdel par l’expérimentation d’un processus de dépoldérisation sur la totalité de l’emprise prévue ».
Le but premier est de procéder à un état des lieux de la zones et de préciser les éventuelles contraintes du milieu hydraulique, paysager, naturel et de son contexte socio-économique. Examiner également la faisabilité de l’extraction de sédiments de la Baie au voisinage du Hourdel et la mise en dépôts dans les carrières juxtaposant du Hourdel sans oublier la reconstruction des paysages des Bas-champs
Le projet doit se situer dans la démarche globale de développement touristique de la zone et dans les opérations d’aménagement en cour comme la gestion du site classé de la Pointe du Hourdel.
Laurent Fromentin.

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