L'e-journal de l'info en Baie de Somme et Picardie Maritime
La Comédie de Picardie ouvre le mois de janvier avec Trois comédies de Tchekhov, du 10 au 17 janvier. « L'ours - Les méfaits du tabac - La demande en mariage », de Anton Tchekhov, dans une mise en scène Nicolas Ducron dont vous aviez déjà découvert le travail avec Le médecin malgré, un des grands succès de la saison passée de la Comédie de Picardie.
Les dates de spectacle se déroulent le jeudi 10 janvier à 20h30, vendredi 11 janvier à 20h30, samedi 12 janvier à 20h30, dimanche 13 janvier à 17h, mardi 15 janvier à 20h30, mercredi 16 janvier à 19h30, jeudi 17 janvier à 20h30
Une Coproduction Compagnie de l’Hyperbole à Trois Poils/Passerelles de Montreuil-sur-Mer, Comédie de Picardie, Ville de Grand-Synthe, avec l’aide à la création de la DRAC Nord/Pas-de-Calais, du Conseil Régional du Nord/Pas-de-Calais, du Conseil Général du Pas-de-Calais avec l’aide de l’Adami et de la Spedidam.
Les « Trois comédies de Tchekhov » de Anton Tchekhov sont mises en scène par Nicolas Ducron, avec Valérie Even, François Godart, Damien Olivier et comme musiciens, Catherine Masson – violon, Nicolas Ducron – accordéon.
Les costumes, masques de Martha Roméro, lumières : Paul Beaureilles, régie : Julie Dumons, scénographie : Antonin Bouvret, construction décor : « la machinerie », conseiller danse : Jean-Baptiste Barbier.
Le spectacle
Dans la campagne russe, au milieu d’une forêt de bouleaux, on dresse des tréteaux… Le jeune metteur en scène Nicolas Ducron monte ces courtes pièces tragi-comiques de Tchekhov, expert de l’âme humaine, toujours lucide et soucieux d’objectivité, comme une « série de portraits édifiants, grotesques, saisissants de vérité, de fantasque et de drôlerie ».
Ecrits entre 1887 et 1902, condensées, précises, acérées et cocasses jusqu’à l’absurde, ces miniatures ont obtenu à leur création un succès immédiat, et gardent aujourd’hui toute leur verve impertinente.
L’ours, « plaisanterie en un acte », met en présence une veuve isolée du monde et un officier venu recouvrer une dette de son défunt mari.
Un homme est contraint par sa femme d’organiser une conférence sur Les méfaits du tabac, au profit des bonnes œuvres du pensionnat qu’elle dirige. Il ne parle pas du sujet, mais évoque sa vie minable.
La demande en mariage voit ladite demande dégénérer en dispute acerbe sur la propriété d’une terre.
Les cinq comédiens utilisent des masques pour donner du piquant à ce formidable échantillon d’humanité, que la clairvoyance et la finesse de l’auteur dépeignent sans fard.
Les pièces
L’ours
Ecrite en février 1888 dans un moment de désoeuvrement, L’ours est dédié à un acteur, ami de Tchekhov. C’est en le voyant jouer une adaptation russe d’un vaudeville, où il interprétait le rôle d’un marin à la voix tonitruante réduit au silence par une petite dame, que Tchekhov eut l’idée de cette pièce en un acte.
Dès la première représentation, elle connut un succès qui ne devait jamais se démentir.
Tolstoï, qui n’appréciait pas trop le théâtre de Tchekhov, ne manquait aucune occasion de la voir jouer et riait chaque fois aux larmes.
Les méfaits du tabac
En février 1886, lorsque Tchekhov publie Les méfaits du tabac, il s’agit d’une parodie de conférence dont les effets comiques viennent du fait que le conférencier, contraint par sa femme de faire cet exposé sur un sujet auquel il ne connaît rien, entend célébrer sur commande le pensionnat qu’elle dirige et n’y parvient pas.
Le monologue de Nioukhine est une analyse psychologique subtile de sa nature profonde. Il se révèle non pas tel qu’il apparaît dans la vie réelle mais tel qu’il est réellement : un homme dont les qualités ont été déformées et gratuitement détruites au long des années par une femme insensible, égoïste et dominatrice.
La demande en mariage
La demande en mariage a été écrite en octobre 1888, au moment où le succès rencontré par L’ours incitait Tchekhov à céder à son goût pour les plaisanteries en un acte inspirées du vaudeville : « je crois que je pourrais en écrire une centaine par an, les sujets jaillissent de moi comme le pétrole à Bakou ».
La demande en mariage fut représentée pour la première fois en avril 1889 à Saint-Pétersbourg.
Comme L’ours, elle devait connaître un succès immédiat et jamais démenti, valant même à son auteur les éloges du Tsar Alexandre III qui l’avait vue représentée au Palais d’été.
L’auteur et le metteur en scène :
Anton Tchekhov (1860-1904)
Ecrivain et auteur dramatique russe (Taganrog, 1860 – Badenweiler, 1904). Petit-fils d’un serf libéré, fils d’un épicier qui fit faillite, il devint médecin et exerça cette profession jusqu’aux dernières années de sa vie. Cependant, il avait débuté très tôt dans les lettres, faisant simultanément œuvre de conteur, de nouvelliste et de dramaturge.
Tandis que son drame, Ivanov (1887), était accueilli au théâtre de Saint-Pétersbourg avec un grand succès, il décida, tourmenté par la souffrance humaine, d’entreprendre un long voyage au bagne de Sakhaline d’où il devait rapporter un nouveau récit, L’Ile de Sakhaline (1894).
Durant cette période (1891-1897), il composa des nouvelles. Mais l’échec de La Mouette (1896), celui de ses drames qui était appelé à connaître, deux ans plus tard, un éclatant succès au Théâtre d’art de Moscou, le décida à entreprendre un nouveau voyage, cette fois en France où il séjourna une année. De retour en Russie, il se fixa à Yalta où les artistes et les écrivains les plus célèbres allaient lui rendre visite. C’est là qu’il composa encore des nouvelles (La Dame au petit chien, La Fiancée), ainsi que ses trois derniers drames : Oncle Vania (1897), Les Trois sœurs (1901) et La Cerisaie (1903). Elu académicien, il donna sa démission deux ans plus tard pour protester contre l’exclusion, prononcée par l’Académie, de Maxime Gorki. Marié avec l’actrice Olga Knipper (1901), étant parvenu au sommet de la gloire, il vit sa santé s’altérer gravement et décida de partir pour la Forêt Noire où il mourut (2 juillet 1904).
Si Ivanov constitue une expérience de recherche et de transition, c’est avec La Mouette que Tchekhov consomme sa rupture avec une construction dramatique traditionnelle depuis Dumas fils et Ibsen, conférant au silence et aux sous-entendus d’un dialogue apparemment chargé de banalités une profondeur psychologique.
Etroitement liée aux débuts du Théâtre d’art de Stanislavski, l’œuvre dramatique de Tchekhov, miroir fidèle d’une société qui se trouvait au seuil d’un des plus grands bouleversements de l’histoire, rejoint, par la valeur humaine de son témoignage, les chefs-d’œuvre du théâtre universel.
Nicolas Ducron
Né en 1974 à Boulogne sur Mer, il monte pour la première fois sur les planches avec la troupe amateur du Théâtre de La Casa qui se produit dans les salles de la région.
A Lille, tout en poursuivant des études de lettres, il entre pour trois ans dans la classe d’art dramatique de Jean-Michel Branquart.
Il intègre en 1994 l’ENSATT (Rue Blanche) où il a pour professeurs Alain Knapp, Pierre Pradinas, Aurélien Recoing et Grégoire Ingold. Dans le cadre des ateliers d’élèves, il met en scène sa première pièce : Cabaret des rêves.
Il joue ensuite au théâtre dans :
Dehors, devant la porte, mise en scène de Laurent Hatat (2004/2005).
La folle de Chaillot, mise en scène de François Rancillac (tournée 2003).
Casimir et Caroline, mise en scène de Richard Brunel, (2003/2004).
Rouge, noir et ignorant d’Edward Bond, mise en scène de Laurent Fréchuret.
Le Cid de Corneille, mise en scène de Declan Donnellan, Festival d’Avignon 1998.
Infernales d’après des textes du Grand Guignol, mise en scène de Pierre Pradinas.
Todas a Una, création de David Arribe.
La nuit des rois de Shakespeare, mise en scène par la troupe du Phénix.
Parallèlement il poursuit des travaux d’écriture avec : François Cousin, texte inédit (2004) ; Route Boulogne, tragédie maritime qu’il crée en mai 2001 avec des comédiens amateurs du Nord/Pas-de-Calais ; Tsiganes, pièce (non encore créée) pour laquelle il obtient le soutien de la Fondation Beaumarchais et du Ministère de la Culture (2000).
Il est d’autre part chanteur/accordéoniste des Fouteurs de joie, pour lequel il écrit et compose.
En 2000, il créé sa propre compagnie l’Hyperbole à Trois Poils où il met en scène : Route de Boulogne, 2001 ; The Island de Athol Fugard, John Kani et Winston Ntshona, 2002 ; Le médecin malgré lui de Molière, création en mai 2003 au Théâtre du Rollmops à Boulogne-sur-Mer, tournée en 2004 et au Festival d’Avignon.
Le cabaret des engagés, spectacle musical, commande de la Comédie de Béthune en 2006.
Trois comédies de Tchekhov, création en mars 2006 à Montreuil-sur-Mer.
Les comédiens
Valérie Even
Elle tourne au cinéma pour Patrick Bouchitey et Alain Paul Mallard et à la télévision pour Benoît D’Aubert, Jean Dominique de la Rouchefoucault.
Pour le théâtre, elle participe à la création de « Faisons un rêve » de Sacha Guitry, et participe à plusieurs créations de la compagnie du Phénix.
François Godart
Il a travaillé à Lyon avec Michel Raskine, Philippe Faure (Le jeu de l'amour et du hasard), Laurent Vercelletto (Quai Ouest, de Koltes). Dans le Nord, il a travaillé avec la Compagnie Joker et Arno Anckaert. Il joue dans Le médecin malgré lui ainsi que dans Trois comédies de Tchekhov, mis en scène par Nicolas Ducron.
Damien Olivier
Après son passage au Centre de Formation aux Arts et Techniques du Spectacles de Franche-Comté, il commence sa carrière de comédien dans le Nord de la France dans les Scènes Nationales de Dunkerque et de Douai. Il joue dans Trois comédies de Tchekhov, mise en scène par Nicolas Ducron.
Catherine Masson
Pianiste et violoniste de formation classique, elle a exploré les sons tziganes en Roumanie et pris des cours avec Vassile Tanase. Elle joue actuellement en trio avec le groupe Arbol, musique flamenco-tzigane.
Informations pratiques
CALENDRIER DES REPRESENTATIONS DU SPECTACLE « TROIS COMEDIES DE TCHEKHOV » - Durée : 1h40
AMIENS – COMEDIE DE PICARDIE : jeudi 10 janvier à 20h30, vendredi 11 janvier à 20h30, samedi 12 janvier à 20h30, dimanche 13 janvier à 17h, mardi 15 janvier à 20h30, mercredi 16 janvier à 19h30, jeudi 17 janvier à 20h30.
ACCUEIL, RENSEIGNEMENTS, LOCATIONS
COMEDIE DE PICARDIE, 62 rue des Jacobins, 80000 Amiens, TEL : 03 22 22 20 20
CONTACT COMÉDIE DE PICARDIE : 03 22 22 20 28
Ouverture du lundi au vendredi de 13h00 à 19h00
le samedi de 13h00 à 18h00, tél. : 03 22 22 20 20 (locations)
www.comdepic.com Email : comdepic@comdepic.com
SPECTACLE B adulte / jeune
plein tarif 17 € / 12,50 €
adhérent/groupe 14 € / 11 €
abonné 11,50 € / 9 €